Henri Rousseau dit le Douanier (1844-1910)

Lot
Résultat: 118 000 €

Henri Rousseau dit le Douanier (1844-1910)

Paysage d’hiver avec scène de guerre. 1877. Huile sur panneau. 20 x 28 cm.
Ce tableau, Paysage d’hiver avec scène de guerre, est tout simplement la première oeuvre connue d’Henri Rousseau dit le Douanier en raison de son emploi comme commis de deuxième classe à l’octroi de Paris.
Estimé au plus haut 80 000 €, il partait à 118 000 €. Il a été exécuté en 1877, l’année suivant la naissance de la troisième fille de Rousseau, Julia-Clémence. Il n’est alors que simple peintre amateur, employé à l’octroi depuis 1871. Il faudra attendre 1886 pour que Paul Signac lui permette d’être exposé au Salon des indépendants. Il quitte l’octroi en 1893 et se consacre dès lors uniquement à sa peinture. Le tableau qu’il expose l’année suivante aux indépendants montre qu’il avait déjà acquis son style, que l’on peut qualifier de « primitif moderne ». Cette oeuvre, conservée au musée d’Orsay, s’intitule La Guerre. Si elle présente une communauté de titulature avec la toile vendue cette semaine, les points communs s’arrêtent là, la toile d’Orsay étant une étrange allégorie sans doute inspirée d’une caricature publiée dans L’Égalité du 6 octobre 1889, intitulée Le Tsar, et d’un tableau de Ferdinand Hodler, La Nuit, peint en 1889-1890 et exposé au Salon de 1891. Actuellement montré à Orsay dans l’exposition consacrée jusqu’au 3 février à Hodler, il montre des nus, certains drapés, endormis. Notre tableau a quant à lui vraisemblablement été copié d’après une gravure parue dans un illustré de l’époque. On sait que pour un autre de ses tableaux, La Bataille de Champigny, Rousseau s’est également inspiré d’une gravure. Les sujets militaires sont récurrents dans l’oeuvre de l’artiste. Ainsi, Les Artilleurs, une toile exécutée vers 1895, est conservée au Guggenheim Museum de New York. Apollinaire a célébré les faits de guerre de Rousseau : sa participation à l’expédition française au Mexique et une intervention éclatante dans la défense de Dreux durant la guerre de 1870. Ils relèvent cependant de la fable, l’artiste n’ayant pas hésité à mentir pour constituer sa légende. Ses états de service ont en effet été plus modestes. En 1863, employé chez un avoué à Angers, il est condamné à un mois de prison pour abus de confiance, et, afin d’éviter un scandale, il signe un engagement volontaire au 51e régiment d’infanterie. Il n’ira jamais au Mexique, mais nourrira son mythe de récits recueillis à la caserne d’Angers en 1967. L’année suivante, son père meurt, et il obtient d’être démobilisé. Il est rappelé en 1870 peu après le début de la guerre contre la Prusse, mais se trouve vite de nouveau démobilisé au titre de soutien de veuve. Notre tableau relate sans doute un fait survenu durant l’hiver 1870-1871, aussi rigoureux que meurtrier.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue